Japon – Jour 1 – 16h de trajet

Jeudi 22 décembre 2016

On a beau être en vacances, le réveil est réglé à 6h30 : pas de repos pour les braves. Ca nous laisse 4h30 pour aller jusqu’à l’aéroport et monter dans l’avion. C’est large, mais entre la circulation bien chargée sur le périph’, et les chauffeurs de UBER qui ont pour kif de bloquer les accès aux aéroports en ce moment, on se dit qu’il vaut mieux la jouer safe.

A ma grande déception, malgré mon allure un peu louche et ma big be-bar, je ne me fais pas palper comme d’habitude, snurfl. On arrive avec une petite heure avant l’embarquement, le temps de se poser un petit peu, faire chacun un post Facebook où on annonce qu’on SE CASSE, histoire de rendre verts nos proches, la base.

«Hé, quand tu m’as demandé l’autre jour si t’avais le droit de parler de moi dans ton blog, j’pensais pas que tu dirais tout ça moi ! D’ailleurs ils ont l’air d’être au taquet les gens… »

Ouais, c’est vrai que l’annonce du retour de ce blog a été plus bien accueillie, et je dois avouer que ça m’ANGOISSE (comme à peu près tout, en fait). Parce que bon, ce récit de vacances n’aura, je pense, rien à voir avec celui du Road Trip aux USA. Ce qui faisait à mes yeux tout le piquant du truc, c’est que je me baladais de ville en ville sans jamais savoir où je dormirai ni ce que je visiterai, du coup j’imagine que côté lecteur, il y avait un peu de suspens. Là c’est un voyage beaucoup plus pépère : moins long, à deux, et cette fois je dormirai pas dans le coffre de ma caisse, mais dans un appart’ loué pour l’occasion. Ben ouais, qu’est-ce que vous voulez, j’approche de la 30aine, j’ai besoin de mon petit confort, faut croire. Bref, ptit paragraphe pour dire de ne pas s’enflammer, c’est le meilleur moyen d’être déçu !

Avant l’embarquement, je vais faire un dernier petit pipi sur le sol français (enfin pas vraiment sur le sol non plus, ma maman m’a bien éduqué. Enfin, elle a fait de son mieux.), et je suis pris d’une petite montée de parano. Depuis les attentats de Paris, quand je suis au milieu d’une foule, je m’imagine souvent qu’une attaque va arriver. Mon esprit s’emballe et s’imagine un petit scénario là-dessus : parfois j’fais des trucs héroïques genre m’interposer, sauver des innocents, et ensuite j’imagine ma nécrologie à la télé, les discours que feraient mes proches à mon enterrement, et je regrette de ne pas leur avoir dit quelle zik passer à ce moment là (sûrement du Preisner), ou alors je m’imagine agir en gros lâche, genre me servir de quelqu’un comme bouclier humain, être survivant, et avoir à vivre avec ce poids tout le restant de mes jours. Grosse ambiance. Bref, là, c’était un peu différent : en croisant le regard des gens, je m’imaginais que c’était des terroristes, et du coup je leur souriais, comme ça en voyant un sourire comme ça, ils se diraient « ce mec a l’air cool, j’vais ptet pas faire d’attentat finalement »). Hé ben j’vais vous dire, si vous me lisez aujourd’hui, c’est certainement que ma technique a fonctionné.

Morale de l’histoire : ne pas aller faire de ptit pipi tout seul. C’est sûrement pour s’éviter ce genre de paranos que les meufs y vont en groupe.

11h. On grimpe dans l’avion qui nous mène jusqu’à notre escale à Moscou, j’me mets côté hublot, mais comme je suis un déchet, je m’endors avant même le décollage.

Au-dessus du nuage de pollution : le ciel !
Au-dessus du nuage de pollution : le ciel !

Quand j’me réveille on est déjà dans les airs, et on décide de se faire une petite partie de Smash Bros sur 3DS ; manque de bol, on a pas fait les mêmes mise-à-jour, du coup, impossible de jouer ensemble. YEAH, c’est cool la technologie. On se rabat sur Mario Kart 7. ( « T’as pas intérêt à mentir sur le score ou je te défonce », entends-je, alors que Benjamin jette un œil à ce que j’écris.) Comme je me fais latter, je décide que les jeux vidéo c’est pour les nuls, et j’fais un ptit dodo. Ouais apparemment je peux dormir n’importe quand, c’est un super pouvoir assez utile.

On sort de l’avion, j’demande à Benji ce qu’il a fait pendant que je roupillais, et il me balbutie, un peu honteux : « Je l’ai écoutée. 3 ou 4 fois. »

Ouh putain. Quand on faisait la file dans l’aéroport, je faisais que de lui fredonner la chanson de Patrick Sébastien « Mon pote Hanouna » (un classique à écouter), histoire qu’il l’ait dans la tête pendant tout le vol, et ce taré en a profité pour la télécharger. Et donc, là, il profite de mon sommeil pour se l’infliger, ce mec est encore plus taré que moi.

Hop, nous sommes à Moscou, et on a 2 heures de battement. A ce moment, on se rend compte qu’on ne sait dire ni bonjour ni aurevoir en russe, mais uniquement « kalabok lesbianka », expression fleurie que nous avait appris un russe avec qui on logeait en voyage linguistique il y a 12 piges. Comme quoi, certains enseignements nous restent éternellement en mémoire.

On s’assoit à un café histoire de patienter, et vu qu’on sait pas parler russe, on commande en anglais. Lui il prend une limonade, et moi j’opte pour un ptit chocolat chaud #TeamDeGrosFragiles. A chaque fois que je commande ça, on me regarde chelou, on me prend de haut, genre c’est un truc de bébé et les vrais BONHOMMES ils boivent du café. Mais moi jkiffe mon chocolat chaud, leave me alone ! Bref, la serveuse russe semble interloquée, elle me demande de répéter : « I’d like some hot chocolate, please. »

« Huh ? Chocolate or cacao ? »

« Chocolate. »

C’est sûrement à ce moment là que je me suis foiré. Car voyez ce qu’elle m’a ramené :

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C’est très noir, hein ? C’est pas du café, non. C’est bien du « chocolat chaud », enfin, c’est plutôt des carrés de chocolats fondus dans une tasse. Sérieux il me manquait juste des chamallows et j’aurais pu me faire une ptite fondue au chocolat oklm. Benji est mort de rire à me voir déguster ça, et j’imagine la serveuse russe derrière son comptoir, toute fière de sa blague, à se dire « Sérieux, il va vraiment boire ça ? »

Ben ouais, et j’en ai foutu plein ma barbe en plus, au TOP. Morale de l’histoire : il est ptet temps de se mettre au café.

On capte le wi-fi, j’en profite pour passer le bonjour à Khagnine une « pote de Twitter » qui y vit, et qui me dit : « SURTOUT NE SOURIS PAS AUX RUSSES ! ». Holy shit, je repense à ma technique antiterroriste, et lui demande quel est le problème, ce à quoi elle me répond par un proverbe russe : « Un sourire sans raison est un signe de bêtise », apparemment là-bas on ne se permet de sourire qu’à ses amis. Ok, c’est donc pour ça qu’ils tirent tous la tronche.

Allez ; c’est reparti pour un tour, cette fois on grimpe dans l’avion en direction de Tokyo. 10 heures nous séparent de la capitale. Je sors mon PC pour écrire ces quelques lignes, et Benji écoute de la zik. « Ah, il a retrouvé son PC », vous dites-vous, vu qu’hier j’annonçais l’avoir perdu. Bah en fait non, vu qu’il me fallait à tout prix un PC pendant ces vacances pour pouvoir bosser (et raconter ma vie, soyons honnêtes) bah j’en ai acheté un hier. Noël avant l’heure, dirons-nous.

Je me tourne vers Benji « Tiens, t’écoutes quoi ? » « A ton avis… »

C CHO. Putain, à quoi bon aller à l’autre bout du monde si c’est pour avoir du Patrick Sébastien dans la tête ?

Une dame passe dans les rangs nous distribuer des pantoufles. Quelle idée : ça va motiver les gens à enlever leurs godasses, et ça va finir par sentir le rance level hardcore, genre pire qu’une classe de 4ème qu’on récupère après 2h d’EPS. WHYYYYYYY.

Allez, c’est parti pour 10h de vol et pour le fameux kamasutra-mode-avion intitulé « Je fais 1m86 dans un avion prévu pas prévu pour ce gabarit, A L’AIDE ». Je tente toutes les positions possibles, mais soit mes genoux touchent le siège de devant et ça fait mal, soit je suis obligé de faire du MANSPREADING (booooooouh), mes genoux dépassent dans l’allée, et les hôtesses de l’air me les défoncent à coup de chariot-repas. Benji est étonné par ma position-dodo qui consiste à coller ma tête contre le siège de devant. Mais franchement, ça fonctionne bien, et j’ai l’impression que je dors à peu près pendant la moitié du vol.

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Ca me ferait limite regretter la bouffe du self.

Une fois qu’on atterrit, après m’être levé, je me rends compte que depuis le début j’étais assis sur un oreiller.

Benjamin m’avait vanté la propreté du Japon, et c’est vrai qu’un des premiers trucs que je remarque dans l’aéroport, c’est une dame qui nettoie les accoudoirs des escalators. Pareil, quelques minutes plus tard, quand notre train arrive, on doit attendre quelques minutes, car à chaque terminus, ils sont intégralement nettoyés. « Franchement ici c’est tellement propre qu’on pourrait manger par terre », me dit Benji, mais bon, ça doit quand même pas être super confortable, je préfère les tables, MDR !!

Direction le distributeur de tickets pour chopper une « Suica Card », une carte de métro qu’on recharge qu’on peut également utiliser pour les distributeurs de boissons et aussi les konbinis. Mais pour faire Narita/Tokyo, ça se fait en train, donc on prend chacun un ticket à 3190Y

Direction Tokyo.

#LaSuiteAuprochainEpisode #SuspensDeOuf

8 commentaires

  1. Ah oui si tu souris aux russes dans la rue, on te prend pour un autiste, faut le savoir XD
    T’aurais dû profiter de ton passage à Moscou pour sortir un peu, c’est pas tous les jours que tu peux aller voir cette si belle ville! 😀

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  2. Ravie de voir le retour du blog !

    Ça me rappelle que quand je suis arrivée à Tokyo, j’ai voulu frauder dans les transports (ah bah bravo !) mais bon j’assumais pas trop non plus, donc j’avais opté pour la technique « je prends un ticket enfant, bim moins cher, mais j’ai un ticket quand même ! » (et de toute façon j’ai pas fait exprès, je comprenais rien aux kanjis – NON J’AI PAS VU LES DESSINS).

    Ben là bas quand tu passes aux bornes avec un ticket enfant tu fais PIOU PIOU !! Beaucoup trop fort pour assumer la fraude 😅.
    J’ai acheté la suite au tarif normal.

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  3. Mouahahahaha la parano contre les terroristes.
    Y’a deux jours j’étais dans le tgv, je voyais des potentiels terroristes partout, du coup je souriais à tout le monde « on sait jamais, un petit sourire peut lui faire changer d’avis ». Je me suis fais une mini crise d’angoisse, avec le mec juste derrière moi, super gentil en plus. Mais JUSTEMENT je me suis dis que c’était peut-etre une technique pour attaquer plus discrètement. Il est parti au moins trente minutes, certainement au wagon bar, ba j’étais bien contente quand il s’est rassis.

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