USA Jour 31 – Venice Beach

Pendant la nuit, je suis réveillé par un bruit étrange : j’ai comme l’impression que quelqu’un essaie d’ouvrir ma porte, et insiste, insiste. Dans un demi-sommeil, je commence à m’imaginer qu’en cette avant-dernière nuit passée aux USA, quelqu’un va venir me cambrioler, me piquer toutes mes affaires, mon PC, mon téléphone, et que je vais me retrouver à poil en terres inconnues. Je me fais les pires scénarios qui soient dans ma tête, me vois déjà me prendre une balle dans le bide en essayant de protéger ma collection de lunettes, et finis par me rendormir.

A mon réveil, mes sacs sont encore là. Sacré Wiwi. Comme il ne me reste plus de monnaie et que j’ai la flemme de trouver une banque de si bon matin, je profite du Wi-Fi pour enfin télécharger l’appli Uber et tester ça pour la première fois, afin de rejoindre l’appartement d’Ania, qui était ma toute première hôte. L’inscription via Facebook prend 30 secondes, je tape l’adresse indiquée, et je vois que le prix de la course ne sera que de 11$, alors qu’elle fait le double de la longueur de celle d’hier !

Le chauffeur arrive 10 minutes plus tard, et on papote un peu le temps du trajet. Elle me pose des questions sur mon périple puis je lui en pose sur son choix de bosser pour Uber. C’est assez récent, elle ne bosse avec eux que depuis avril, en supplément de son job pour pouvoir financer les études de sa fille. Elle se fait en gros 30 à 60$ par jour (auxquels il faut déduire l’essence, forcément), et n’a pas de problèmes à trouver des courses à Los Angeles, qui est une ville où on peut difficilement se déplacer sans caisse. Elle me confie aussi que son job est dans une pièce sans fenêtre, et que ça la faisait un peu déprimer de vivre dans une ville aussi ensoleillée pour finalement ne jamais en profiter : conduire de jour lui permet de le voir un peu plus.

J’arrive dans ce quartier que je connais déjà et je marche sans trop y réfléchir pour rejoindre l’appart d’Ania. Quand je rentre chez elle et que je la salue, j’ai l’impression étrange de l’avoir quittée la veille. Ces 29 jours se réduisent déjà à une sorte de souvenir lointain à ce moment là, et je me demande si quand je rentrerai chez moi, je n’aurai finalement pas l’impression de n’être jamais parti.

On papote un peu, elle me pose beaucoup de questions sur mon voyage : où je suis allé, ce que j’ai préféré, etc. C’est très sympa de la retrouver, ça boucle la boucle d’une jolie façon. Après avoir parlé une bonne heure, je pars pour Venice Beach, que je n’avais pas explorée lors de mon premier passage à Los Angeles. Ania m’a dit qu’elle aimait beaucoup y aller pour faire du « people watching », tellement il y a de personnages hauts-en-couleurs là-bas, et je dois avouer que ça a attisé ma curiosité.

Mon paradis <3 Mais j'ai déjà 8 paires donc je parviens à refréner mes pulsions.
Mon paradis

Je prends le bus et m’y retrouve une petite demi-heure plus tard, vers midi. En gros il y a une plage gigantesque, un skate park, des terrains de foot, et une allée qui longe la plage, bordée d’un côté par des vendeurs de bibelots et des artistes, et de l’autre par des magasins de souvenirs et de fringues.

IMG_20150808_130132Et marchant dans cette allée, t’as des touristes, forcément, mais aussi des mecs en slip, des meufs qui font du jogging avec des chaussures montées sur ressort, des types bodybuildés, des rappeurs qui tentent de te refiler leur mixtape, des clochards tatoués de la tête aux pieys, un mec avec un boa gigantesque autour du cou, un autre qui tient une pancarte « Smile if you touch yourself ! », un vieux qui fait du moonwalk en fauteuil roulant, une dame qui a un chien habillé en strip-teaseuse avec des billets dans la culoette, et des Témoins de Jéhovah qui tentent de sauver notre âme en ce lieu de perdition. On m’avait prévenu. Fun fact : comme si les gens n’étaient déjà pas assez perchés, il y a carrément un véritable Freak Show dans la rue.

Viens, voir, viens voir le docteur non n'ait pas peur !
Viens, voir, viens voir le docteur non n’ait pas peur !
Pas sûr que ma mère kiffe que je lui ramène de la salvia.
Pas sûr que ma mère kiffe que je lui ramène de la salvia.

J’avais pour objectif de trouver des souvenirs pour ma famille en venant ici, mais le problème c’est que d’un côté de la rue, les vendeurs proposaient surtout des tableaux et des bibelots bien trop gros pour ma valise, et de l’autre, dans les magasins de t-shirt, c’était rare d’en trouver sans feuille de cannabis ou jeu de mot scabreux.

DSCF4606Le skate-park attire pas mal de spectateurs, et c’est vrai que le niveau est assez élevé, les mecs te sortent des trucs façon Tony Hawk, c’est bien impressionnant. De l’autre côté, sur le terrain de basket, t’as que des mecs gaulés comme Kaaris qui jouent, et t’as pas envie d’aller les chatouiller.

Coucoue, tu veux jouer au ballon avec moi ?
Coucoue, tu veux jouer au ballon avec moi ?

J’en profite ensuite pour aller faire un petit tour sur la plage en écoutant ce (long) morceau (il commence après genre 30 secondes)

IMG_20150808_153400Je crois pas que ce soit de la nostalgie que j’ai ressentie en marchant sur la plage à ce moment là. Il faisait bon, il y avait l’odeur du vent marin et du sable qui s’étendait à perte de vue. Je repensais à quelques moments que j’avais vécus, à ce sentiment de liberté en prenant le volant pour la première fois, à cette escapade dans Joshua Tree Park avec Robert qui me parlait de sa jeunesse à vadrouiller dans tous les Etats-Unis, le kayak avec Mitchell, l’arrivée et le vertige au Grand Canyon, les nuits dans ma caisse, les salades de Walmart, les instants à écrire ce journal, la lecture des commentaires, le flic qui m’arrête, la rencontre avec Helen et Freya, et chaque souvenir en appelait un autre, tout était lié dans une sorte de cascade de bons moments. Si je dis que c’était pas de la nostalgie, c’est parce qu’il n’y avait pas ce sentiment amer d’un paradis perdu. Non, à ce moment je me souvenais surtout de cette citation d’un des membres des Grateful Dead :

Don’t be sad because it’s over –
be glad ‘cause it happened.

Et ouais, il y avait surtout à cet instant ce contentement sans regrets. « Glory, glory, hallelujah » comme il

Un quartier somme toute modeste.
Un quartier somme toute modeste.

chantait, l’autre, dans mes oreilles.

Je vais ensuite jeter un oeil aux canaux de Venice, parce que si ce quartier a ce nom, ce n’est pas pour rien. C’est assez coquet et je me dis que les gens qui vivent dans ce coin doivent avoir une putain de belle vie (et pas mal de thunes aussi).

Vous êtes dans votre jalousie, je suis dans mon bâteau gonflable sur mon mac à Venice, bitches.
Vous êtes dans votre jalousie, je suis dans mon bâteau gonflable sur mon mac à Venice, bitches.

Je reviens ensuite tranquillement chez Ania, et, trop occupé à rêvasser, j’oublie de descendre à temps et me tape une demi-heure de marche en plus.

IMG_20150808_185859Histoire de conclure de façon gastronomiquement légère ce périple, je propose de l’inviter dans une pizzeria et c’est ainsi que nous allons à « Blazing Pizzas » pas très loin, une sorte de pizzeria à la sauce subway où on peut composer la pizzouille de ses rêves. Comme je suis curieux je teste la « white sauce », et me retrouve finalement avec une pizza qui ressemble plus à une flammekueche qu’autre chose, mais c’est pas mal aussi !

IMG_20150808_195852Le soir, l’objectif c’est de faire en sorte que tout ce que j’ai pu m’acheter sur place rentre dans mon sac et fasse moins de 20 kg… Mes années d’experience à Tetris me permettent de bien empiler tout ça, et mon sac de voyage, rempli à craquer, ne fait finalement que 12 kg. J’en profite pour me peser également, et remarque à ma grande surprise que je ne pèse que 76 kg (pour 1m86), alors qu’en France il m’est arrivé de monter jusqu’à 82 ! Damnède, j’aurais pu m’enfiler quelques burgers de plus.

J’écris ces quelques lignes dans le salon, alors qu’Ania lit de la littérature sud-américaine, et me prépare à me coucher pour la dernière nuit de ce joli séjour.

(a priori, le prochain article sera le dernier, sortez les mouchoirs. Il arrivera lundi soir parce qu’avec l’avion et le décalage horaire mon dimanche va être bien court)

16 commentaires

  1. Bravo et merci pour ce beau périple et ce journal de bord que je lis depuis le début, et avec toujours autant d’enthousiasme !
    J’étais aussi aux US avec mes parents sur la côte ouest ces deux dernières semaines, et c’était vraiment super intéressant de croiser nos opinions sur différents endroits, et même de s’en servir comme petit guide. Nous étions aussi à Venice Beach cet après-midi, marrant de voir que nous avons pris les mêmes photos 🙂
    Bon retour et bon vol demain !

    J'aime

  2. Si tu en as la possibilité, pèse toi de nouveau en arrivant à Paris. C’est assez dingue mais je pèse moins en étant proche de l’équateur, et la différence est toujours frappante. Les burgers ont donc peut-être laissé leurs traces tout de même… 😉
    Bon retour, merci pour tout !

    J'aime

  3. Ce qui est cool avec ces photos c’est qu’on se rend compte à quel point GTA 5 c’est vachement bien foutu, quand même.

    Blague à part, ça va faire bizarre de plus rien lire ici. Moi qui ai passé tout mon mois de juillet à bosser sur mon mémoire (que je rends demain, erf), ça m’a permis de voyager un peu depuis ma triste chambre. J’aurais presque envie de tenter l’aventure à mon tour. Qui sait, dans quelques années peut-être…

    Bon retour chez toi !

    J'aime

  4. Déjà fini… Cela aura été un réel plaisir de suivre ton périple jour après jour et j’en devenais impatient de retrouver tes écrits le soir…
    Merci pour ces tranches de vie

    J'aime

  5. Les photos de Venice me font penser à Californication, super série (enfin les 2 premières saisons seulement).
    Pas étonnant que tu n’aies pas plus grossi, t’as quand même beaucoup marché il me semble !
    Bon ce blog va grave me manquer, comme à tout le monde. Il a rythmé mon été breton, et sa fin coïncide avec mon retour à Paris, double snif 😔 ( non en fait j’adore rentrer à Paris !)
    Vivement le bouquin … Et la suite de Partenaires Particulières !

    J'aime

  6. C’est facile de dire qu’il faut être heureux parce que ça eu lieu, mais le passé est le passé malheureusement. Quand vous lirez ces lignes tout ce voyage sera terminé. Maintenant c’est une autre histoire qui est à écrire !

    Vous êtes quand même pas bien gros après tout ce que vous avez mangé, bon vous avez aussi pas mal dépensé, donc ça compense pas mal !

    J'aime

  7. Hey Babe, j’ai hâte de revoir, et ta Clio va te faire une fête du tonnerre! Tu vas peut être t’y sentir à l’étroit après ta Ford US! En tout cas, merci d’avoir partagé tes vacances avec tes lecteurs, mais ça ne t’empêcheras pas de tout nous raconter de vive voix! Bon voyage, bon vol et à demain.
    Ciao l’ami Ricoré!

    J'aime

  8. C’est déjà fini 😦
    J’ai dévoré tous les articles, merci d’avoir écrit un suivi aussi complet et hilarant par moment ! En espérant que tu répéteras la chose dans les années à venir 😉
    Au passage, étonné que tu connaisses la flammekueche (tarte flambée) 😀
    Bon vol !

    J'aime

Lâche tes com's

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s