USA Jour 08 – Hoover Dam / Flagstaff

Jeudi 16 juillet

Je me réveille en sursaut dans le lit de mon hôte : quelque chose a frôlé mon pied. Comme on a vu The Evil Dead la veille, je suis grave en stress et allume la lumière : c’est juste un chat, que je n’avais encore pas vu jusqu’à présent. Toujours là pour foutre la merde les chats hein.

IMG_20150716_091345Mais ça tombe bien, il est 9 heures, et il est temps de décoller. Je cherche mon hôte pour qu’il m’ouvre la porte du garage, et il se trouve qu’il dormait dans la chambre de son coloc’, putain entre ça et le coup du canapé de la veille, je capte RIEN à leur façon de dormir, j’ai l’impression que c’est des nomades de la roupille ces gens.

IMG_20150716_095003Je dis au revoir à Mitchell, et en profite pour faire une petite donation pour sa « fête de rémission », c’est bien la moindre des choses que je puisse faire étant donné à quel point il a été sympa avec moi. Il prépare un road trip en Europe à partir de septembre, donc je vais peut-être pouvoir l’héberger à mon tour lorsqu’il passera par Paris !

Et c’est reparti ! Enfin pas tout à fait. Je n’ai pas du tout mangé la veille et j’ai la méga dalle, j’en profite donc pour passer par ce « In’n’out » que Mitchell et des commentateurs de ce blog m’ont conseillé. Ce fast food c’est la simplicité à l’état pur, on ne peut choisir que parmi 3 burgers : hamburger, cheeseburger, ou double burger. IMG_20150716_113124C’est parti pour le cheese, le pain est sympa (grillé) mais à part ça le goût est pas ouf’. Wendy’s reste number one dans mon coeur pour l’instant. (oui je m’improvise blogueur gastronomique. A bientôt pour mon tuto « Comment prendre 15 kilos en 1 mois »)

Et c’est reparti, disais-je, cette fois pour de vrai. Direction Flagstaff, à XXX kilomètes à l’est de Vegas. Sur la route, il y a le fameux Hoover Dam, un barrage immense qui permet d’alimenter en eau et énergie une bonne partie de la Californie. IMG_20150716_122551Il y a un petit chemin à pied où l’on peut admirer ce bâtiment titanesque. Entre ça et les pylones penchés, c’est vertigineux. Ceux qui ont joué à Fallout New Vegas reconnaîtront forcément !

A peine flippant.
A peine flippant.

Puis je me décide à faire un petit détour. En effet, le chemin le plus rapide passe par une autoroute, mais si je coupe un peu à travers champs, j’ai moyen de rejoindre la route 66.

Quand je dis « A travers champs », c’est plutôt « à travers désert », la route n’en est plus vraiment une, c’est juste des graviers et du sable, et je coupe comme ça pendant bien 50 kilomètres.IMG_20150716_162213 C’est à la frois grisant, intense et flippant : je suis véritablement seul au milieu de nulle part, aucune construction humaine n’est visible pendant ces 50 kilomètres, je n’ai pas de réseau, et j’me dis que si un pneu pète par ce cagnard, j’suis dans la merde. Heureusement, pour ces moments de stress, j’ai le CD de Salut C’est Cool, et je me mets à chanter leur chanson « Je suis en train de rêver » à fond pour me donner du courage.

Mais d’un côté, c’est vrai, je suis en train de rêver. Tous les gens que j’ai rencontré jusqu’à présent ont été adorables et m’ont appris plein de trucs, m’ont aidé à améliorer mon voyage. Et le truc qui m’a le plus frappé, c’est peut-être idiot, hein, mais c’est que tous ces gens ont l’air heureux. A aucun moment je les ai entendus se plaindre de quoi que ce soit, ils sont toujours positifs, avenant et motivés. Ca fait du bien putain, parce qu’on est pas vraiment habitués à ça en France, et j’dis ça alors que je suis le premier à voir la vie en noir hein.

IMG_20150716_142829C’est certainement lié à leur culture entière, toute cette idée de méritocratie, du « land of opportunities » qui signifie qu’en gros ici on peut partir de zéro et vivre le rêve américain : avoir une grosse baraque, une grosse caisse, et bouffer des gros burgers. Bon, moi, ça, ça me fait pas rêver (à part les gros burgers javou), je trouve ça assez aberrant mais bon, si c’est leur kif, pourquoi pas. Ce que je trouve génial par contre, c’est que pour parvenir à ce rêve, les ricains sont prêts à prendre des risques. Robert, de Palm Springs, par exemple, a été libraire, manager de restaurant, puis maintenant il gère un hôtel. Mitchell était manager de resto, là il est barman et l’année prochain il aimerait devenir stewart. Ils s’enferment pas dans une carrière comme on a tendance à le faire, ils cherchent leur bien-être avant la sécurité de l’emploi, et c’est assez fort, quand même, non ? Moi j’ai mon métier de prof à vie, si je démissionnais, pas mal de gens en galère de jobs me diraient que c’est de la folie. Parce qu’on est pas aussi flexibles qu’eux, probablement. Bon après ils ont des jobs précaires de ouf (cf Mitchell qui s’est fait virer après avoir prévenu qu’il avait un cancer), donc tout n’est pas rose non plus.

Bref, je pense à tout ça dans mon ptit désert, ça occupe mon esprit. J’arrive finalement à rejoindre la route 66, qui me paraît finalement moins funky que ma route hors-piste.IMG_20150716_150919 Sur la route, il y a un magasin « General Store » à Hackberry, une sorte de musée en l’honneur de la route 66, avec les véhicules d’époque et tout. J’ai pas pu m’empêcher de prendre un ptit selfie oklm.

Coucou.
Coucou.

[Attention, ne lisez pas le paragraphe suivant si vous êtes en train de manger. En fait le lisez pas du tout, j’sais pas pourquoi j’écris ça.]

A un moment j’ai l’impression que mon bide décide de se lancer dans une révolution, ça bataille sec là-dedans, et d’un coup je suis en sueur. Mon estomac lance une guerre de sécession, ça craint, et dans ma famille, comme on dit, on ne badine pas avec la chie, mais bordel, c’est le désert, aucun endroit pour me planquer, DAMN. Le stress monte, j’sais pas quoi faire zarma. OH ! Un bosquet flétri à l’horizon, ça fera l’affaire. J’vais pas vous décrire le truc (en fait si), mais à partir du moment où tu lâches un truc couleur moutarde fluo, un agent orange pas homologué, c’est qu’il est temps d’arrêter de tater de la malbouffe américaine tous les jours. Promets le moi, Wiwi.

IMG_20150716_183244Fin de l’interlude, tout va mieux. Encore presque deux heures de route pour rejoindre Flagstaff; le paysage change totalement, on quitte les collines désertiques pour rejoindre des fôrets de pin, tout est beaucoup plus vert dès qu’on rentre dans les terre. Je pensais pas que ça arriverait aussi vite. J’arrive sur les coups de 18 heures, et quand je sors de la voiture, je ne ressens plus ce souffle de chaleur comme à Los Angeles ou Vegas; ici, il ne fait « que » 28 degrés, comparé aux 35/38° qu’on avait à la même heure à l’ouest.

Je vadrouille un peu en ville; c’est à taille humaine cette fois, et ça fait du bien. C’est très coquet, même.IMG_20150716_195055 Et très hippie aussi. La moitié des magasins vendent tout le matos pour fumer de l’herbe, mais si la vente d’herbe elle-même n’est pas légale. L’autre moitié des magasins ont des t-shirt hippie de toutes les couleurs, avec le symbole « peace », etc. Très marrant à voir, et c’est vrai que les gens ont l’air à la cool. J’avais dit au coloc’ de Mitchell que les USA étaient un pays de stoners pour rire, mais en fait c’est plutôt vrai, TOUT dans l’ouest américain ramène à la fumette ! J’en profite pour m’acheter des lunettes façon Las Vegas Parano, histoire d’avoir la panoplie complète avec le t-shirt.

Ca fait un peu penser à Rennes finalement.
Ca fait un peu penser à Rennes finalement.

Au hasard de mes pas, je tombe sur un concert d’un type en solo à la guitare sèche/chant/harmonica, sur une des places de la ville; j’écoute jusqu’à la fin du concert, c’est très sympa, un petit côté Neil Young et des paroles qui parlent sans arrêt de voyage. Le soleil se couche à ce moment là, il fait bon, je suis bien : suffisamment pour m’en rendre compte.

IMG_20150716_192135A la fin du concert j’me dis que bon, les CD que j’ai gravés avant de venir, je les ai bien saignés pendant ces 10 heures de route, donc je décide d’acheter celui qu’il propose, histoire de varier un peu. Et rien de tel qu’un harmonica pour accompagner un voyage. Il me tape un peu la discute, me demande d’où je viens; on parle voyages, forcément, et il me recommande fortement d’aller à Santa Fe : « The best is yet to come, man ! » J’lui proposerais bien d’aller boire un coup mais chuis timide, et d’autres gens arrivent faire causette, donc je m’éclipse. Tampixe.

Voici une des chansons qu’il a jouée :

Il est 8 heures, il commence à faire nuit, direction le Walmart du coin histoire de m’acheter un ptit Wrap au salami (c’est pas de la malbouffe ça, hein ? :/ ), et écrire ces quelques mots. Il est 21h15, je suis claqué, le temps de préparer le coffre de ma voiture et hop, au shlof. Demain, le Grand Canyon m’attend, il faut que je sois en forme.

[Cet article a été écrit à Walmart, j’ai tenté de le mettre en ligne à MacDo, en vain, puis à Starbucks, en vain aussi; j’ai finalement utilisé mon forfait téléphone pour y parvenir, snurf]

Las Vegas – Flagstaff (par route 66) : 266 miles / 428 km

Total depuis Los Angeles : 962 km

trajet

36 commentaires

  1. Tu vas revenir camé et obèse si ça continue! Et tu ne pourras plus rentrer dans ta Clio!
    Sympa l’harmonica man, j’ai mis sa zic à la réception, et ça change de RFM!!!

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  2. Pour le coté fumette c’est vrai qu’ils sont assez rodés la dessus.

    On a eu la chance de gagner un voyage à San Francisco avec des amis et on est partis pendant une semaine du côté de la Silicon Valley (pas la série, lol),et quand on est allé à SF, on a pu voir et surtout sentir leur penchant pour la fumette. Ca sent la weed à plein nez la bas, on nous a même proposé des ‘acids’ plusieurs fois^^

    Doivent vraiment aimer ca, quoique de temps en temps ca fait pas mal.

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    • Tout d’abord merci pour ce blog, on voyage avec tes articles ! L’ouest et l’ère Hippie ! Un rêve, c’est pour ça que l’an prochain je vais à Frisco !

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  3. Les rencontres aussi intéressante les une que les autres, et les paysages aussi divers les un que les autres, une bonne musique dans les oreilles, ça doit être ça le bonheur ?

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  4. J’aurais aimé une photo du bosquet ! le mélange burgers/fumette doit pas être bon pour nos estomacs français ! T’as même pris ta cagoule, t’es un grand malade quand même !

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  5. L’épisode « fâcheux » m’est également arrivé à Los Angeles, en plein Beverly Hills – enfilade de baraques cossues pas de troquet – J’ai réussi à courir jusqu’au Beverly Hills Hôtel juste à temps ! J’ai quand même failli perdre mon Jean et ma Dignité ce jour là ! Je ne savais pas que la gastro était inclue dans le forfait West Coast ! Apparemment si !

    BTW Génial ton blog !

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  6. Merci pour la zik’, elle est bien cool. Arriver dans un coin où il fait frais, ça doit faire du bien ! En France on crève de chaud, c’est abusé. J’suis à Clermont-Ferrand, ça fait 15 jours que le mercure est pas descendu en dessous de 32°C. Profite !

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  7. Je lis discrètement ce blog sur mon téléphone en plein repas de famille (et lors d’une discussion sérieuse) et j’ai pas réussi à donner une explication crédible et pas dégueulasse quant à mon éclat de rire incontrôlé en lisant ton interlude gastrique..
    Autrement, beaucoup ont du le dire mais merci de partager ton aventure avec nous. C’est plaisant à lire et très intéressant (et drôle aussi par moments, donc). Bonne continuation et bon courage pour la suite de ton voyage !

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  8. Connaissant l’animal, ça aurait été étonnant qu’on n’ait pas droit à un épisode scatologique ! Bon maintenant c’est fait.
    Comme quoi les substances les plus nocives ne sont pas où on les crois, à moins que les effets se cumulent, donc conseil : vas-y molo sur les 2 .
    Sinon, bien que ton pseudo soit « Partenaires Particulières » je trouve tes partenaires plutôt, comment dire, particuliers …
    Comme disait l’autre … où sont les femmes …
    Au fait, à la place de la de la photo de la scène vide du show SEXXY, on aurait bien apprécié une bonne vidéo pour concrétiser les propos, à moins que les effets secondaires des « burgers » t’aient déjà donné des hallucinations. D’ailleurs la photo de la machine à sous le laisse penser, trop improbable comme déco !
    Maintenant que tu as des potes échappés des « sixties » tu pourrait leur demander de me dégoter une FORD GT40 en bon état, tant pis s’il faut donner un peu de ta personne auprès de Robert par exemple. Merci d’avance.
    Plus sérieux, comme les autres, on attend avec impatience tous les midi le nouvel épisode des aventures de notre road tripper préféré. Continues comme ça, les photos, les détails scabreux, l’auto dérision. Et surtout, prends bien soin de toi.

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  9. Bon j’vais faire la maman, mais là t’enchaînes les jours à rien bouffer puis les cassages de bide aux burgers, c’est pas bon ça !
    Sinon toujours un grand plaisir à lire tes aventures. Vivement la suite !

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  10. Avoue t’as pris du plaisir à écrire ton paragraphe sur tes déjections ❤
    Petite question au passage : tu prends des notes vite fait quand tu fais des trucs ou tu fais juste avec ta mémoire quand tu écris ? (si c'est ça, encore une fois, je suis étonnée de l'importance de tes étrons fluos)
    J'adore ton blog, c'est frais et ça se prend pas la tête, continue comme ça et tu pourras faire pareil a la rentrée en racontant tes journées de cours (inchallah tu vas pécho la prof qui te plait et ouvrir un blog dessus) (pardon). Bon j'arrête de déconner, sérieusement j'aime beaucoup te suivre dans ton périple et tout, keep writing wiwi 🙂

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    • Ah j’avais pas vu le reste de ton message. Il m’arrive de prendre quelques notes sur mon téléphone pendant la journée, quand je croise un truc totalement anodin que je pourrais très vite oublier mais dont j’aimerais parler (exemple : la taille du canapé, ou bien le mec qui se racle la gorge pendant le coucher de soleil). Le soir, j’écris tout ça, et si j’ai pris des notes, ça m’aide grandement 🙂

      Le problème c’est que dès le lendemain je remarque que j’ai oublié plein de trucs, c’est frustrant 😥 !

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  11. Bonjour Msieur !

    Je vois que ton régime de burgers continue, si tu veux un chaîne de burgers sympathique regarde « Five Guys », c’est très bon et en gros tu crées ton burgers : tu choisis le pain, le steak, les suppléments… C’est pas cher, mais qu’est ce que c’est booooon \o/ !

    Bref,

    La bise.

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  12. Concernant la différence entre les États-Unis et la France je crois que Charlélie Couture a dit un jour : « Les France est un pays où il fait bon vivre et où les gens sont malheureux alors que les États-Unis sont un pays où il ne fait pas bon vivre mais où les gens sont heureux ».

    Et merci pour la musique c’est bien sympa ! Et bonne route.

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  13. Quand tu parles des gens adorables, qui t’apprennes plein de choses, ça me rappelle mon impression des Australiens: des gens toujours souriants, très accueillant (c’était hors de question que je passe Noël tout seul, je me suis fait inviter dans une famille, c’est impensable pour eux), je les ai jamais entendu se plaindre, et ça se ressent aussi dans leur travail. Ça change radicalement de la France, et j’ai vraiment apprécié pour le coup.

    Et sinon, j’aime beaucoup ces articles, des pointes d’humour, et on « découvre » les États-Unis d’un autre côté, même si n’en reste rien à côté d’y aller voir par soi-même.

    Bonne continuation ! ^^

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  14. J’en peu plus de rire à cause de la photo « Ca fait un peu penser à Rennes finalement. » Même si l’invasion hippie est presque circonscrite à Rennes.

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  15. Bon, j’avoue j’ai commencé par lire le dernier billet parce que PP me manque, après j’ai décidé de reprendre du début. Mais la claque quoi ! Alors trois choses :
    1) C’est la première fois que je commente, ça fait office de marque-page parce que « Bon j’me casse », c’est un peu mon doudou avant la rentrée qui approche à grands pas, alors je fais durer.
    2) Je suis pour la publication de ton bouquin et même de PP (qui ne doit PAS s’arrêter, je t’en prie !) et de « Bon j’me casse ». Papier STP, je suis une puriste des livres.
    3) J’suis en train de tomber amoureuse et si tu pouvais venir dans l’académie de Créteil, ce serait pas mal. J’te jure, c’est mieux que Versailles !
    Bon allez, je reviens demain !

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  16. Hey ! Je sais que le voyage date de l’année dernière mais comme je decouvre ce blog maintenant …
    Je crois que la subtilité du In’n’out burgers c’est de proposer des menus « secrets ». Rien n’est affiché mais il faut les demander directement en caisse (sinon effectivement les 3 choix ne cassent pas 3 pattes à un canard, je me suis fait avoir aussi en Californie)

    Super blog !

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  17. Merci beaucoup pour ce blog qui me fait voyager! Même un peu trop (j’ai du mal à m’arrêter!)! Une question… Ne serais-tu pas originaire de l’Est de la France? Le schlof t’a trahi! 😉

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